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Dimanche 16 novembre 2026

  • Photo du rédacteur: jbseilliere
    jbseilliere
  • 16 nov.
  • 4 min de lecture

Emportée par le tourbillon de la vie notre Isaline… Tellement, qu’on a loupé le coche, la première fois depuis six ans. La dernière fois qu’on avait manqué une échéance, Sabine et moi nous étions étonnés d’avoir 6 jours de retard, mais là on a carrément laissé passer une quinzaine…


Il faut dire qu’Isaline a une vie trépidante, et qu’on a eu un grand fils malade.


Le 15 Octobre, nous assistions à un spectacle dans une salle de l’opéra à 14h. Une cantatrice vraiment sympathique animait le second volet d’une aventure lyrique et participative pour les enfants. Elle arrive en robe à paillette noire, très élégante, et se met en scène avec un pianiste, embarquant une trentaine d’enfants dans un scénario pédagogique. On doit même se lever et chanter avec elle, c’est une initiation amusante qui mêle tout à la fois la pompe des ors du Grand Théâtre, et l’accessibilité la musique lyrique. Isaline adore ce rendez-vous culturel, et nous aussi. Cette fois-ci on avait embarqué son petit frère et une de ses copines, qui ont fredonné des airs entendus pendant une bonne semaine après le spectacle.


Tout de suite après nous sommes allés en famille voir un peu les couleurs d’automne au bord des lacs de montagne mais les vacances de la Toussaint du calendrier Suisse ont été méchamment pluvieuses, alors on s’est employés à passer le temps avec des activités intérieures. Et sitôt rentrée de vacances, Isaline est partie quatre jours en classe de nature avec toute son école adaptée.  Elle est partie avec tout son attirail et ses maîtresses, laissant ses parents un peu désabusés, mais confiants. C’est là qu’on s’est rendu compte de la place que prenait Isaline dans notre vie, et de la vie qu’elle apportait quand elle était là. Quatre longs jours sans prise en charge, c’était très nouveau.


Et à peine rentrée de cette classe de nature, son grand-frère a déclaré une infection sérieuse à la hanche qui nous a fait passer trois nuits à l’hôpital en alterné Sabine et moi… Et on a oublié le blog...


Isaline a pu rendre visite à son frère mais même si elle adore jouer au docteur, elle déteste les voir en vrai tournoyer autour d’une personne malade.


Le jour ou Ernest est rentré à la maison, je partai avec Isaline à Fribourg pour faire la seconde session de Tomatis dans un joli centre d’écoute. Tomatis requiert six stages de rappel dans un délai de cinq semaines chacun après la première expérience d’écoute. Voyage père-fille de trois jours très réussi dans cette jolie ville encore plus en pente que Lausanne, je ne savais pas que c’était possible… Si les parcours en fauteuil étaient amusants pour Isaline, ils étaient sportifs pour le pousseur. Trois séances d’écoute de musique pulsée et de voix maternelle filtrée par jour afin de poursuivre un travail de sollicitation des méninges et permettre de construire un chemin pour que des progrès s’installent…


On pense que le premier effet s’est fait sentir : Isaline avait du mal avec l’excitation et la joie extrême, qui se terminaient immanquablement en gros pleurs. Ces émotions contraires sont parait-il logées dans des zones cérébrales très proches, et quand on se laisse submerger, on pleure de joie, ce qu’Isaline fait un peu, avant de pleurer vraiment... En rentrant de Fribourg après trois jours d’absence, Isaline a été heureuse de retrouver ses frères, et elle est restée dans le registre des rires et des grands gestes affectueux, sans virer aux larmes. Nous pensons que Tomatis a permis cette manifestation de maturité, en établissant un zonage plus clair du ressenti de la joie, sans empiéter sur la zone qui vire désespoir. Sabine était aux aguets dès notre retour, parce que c’est vexant pour les frères quand Isaline est effondrée quand ils arrivent; ils s’interrogent et se persuadent « qu’elle ne nous aime vraiment pas »… Mais au retour de Fribourg, les retrouvailles ont été celles d’une fratrie banale et heureuse, et ça a eu l’air de rentrer dans l’ordre.


Ernest avait gardé une voie veineuse pour qu'une infirmière à domicile puisse administrer des antibiotiques. Elle était très impressionnée par ce bandage et il fallait la rassurer quand elle le remarquait.


La vie d’artiste n’étant pas de tout repos, après dix jours de vie « normale », c’est-à-dire quand tout le monde dort sous le même toit, voici Isaline à nouveau à Harlow pour attaquer trois semaines de gym ciblée à Napa, encadrée par ses deux parents d’abord, avant que je ne reprenne nos garçons en charge en échangeant mon rôle Anglais avec Oma, alors que Tanya aura relevé Tanou qui veille en ce moment sur deux têtes blondes… On mobilise grandement, et si Isaline progresse, c’est aussi parce que vous êtes tous formidables.


Nous allons capitaliser sur les avancées permises par Françoise, qui fait faire un travail minutieux à Isaline deux fois par semaine. Avec elle, Isaline croise et décroise les jambes, allongée sur le dos et appuyée sur les coudes après avoir plié chaque genou sur le torse dans un va et vient de nageuse syncronisée. Elle doit regarder en l’air sans lever la tête, elle doit marcher latéralement le long des dossiers des canapés de trois places en faisant coïncider les bras et les jambes, elle doit poser ses pieds sur la table vibrante… Tous ces stratagèmes pour mieux comprendre et contrôler son corps, ça va bien finir par payer, et à Napa, cinq heures par jours pendant trois semaines, on va encore plus progresser, comme à chaque cursus.


Ça vaut le coup d’y croire, mon Isaline chérie.

 
 
 

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