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Vendredi 15 mai

  • Photo du rédacteur: jbseilliere
    jbseilliere
  • 15 mai
  • 3 min de lecture

Isaline rentre de Fribourg; trois jours de Tomatis bien remplis dans une météo saints-de-glacienne surprenante, mais agréable. Pendant chaque séance d'écoute, Isaline se fait lire des histoires, tripote tout un tas de jouets, décide de l'accoutrement de poupées emportées pour le voyage, puis les ausculte, ou colle des autocollants dans des livres colorés.


À chaque césure, qui dure une heure et demie, on se rend dans un parc public où l'on prend d'assaut un module de jeux de jardin très intéressant: un mur d'escalade en arrondi arrivant sur une plateforme, puis un toboggan assez long et pas trop pentu, et une rampe de pompier à côté.


On a nos habitudes: elle place ses pieds sur les prises des planches disposées en voute pour accéder au sommet du tobogan cependant que je la soutiens sous les épaules, son corps raidi à l'oblique. Ça l'amuse beaucoup de se redresser à mesure qu'elle monte et que je la pousse en diagonale vers le haut sur ce quart de cercle. Quand elle est toute droite et que je la stabilise à bout de bras, je lui fait faire un demi-tour et elle s'assied cependant que je la rejoins. Ensemble, au premier étage de l'édifice, on grimpe une marche tout en baissant la tête pour éviter une barre de maintien, et on arrive devant la chute du toboggan. Elle engage ses jambes avec la consigne de m'attendre et rapido je glisse le long de la rampe de pompier pour accompagner sa glissade et organiser le contact au sol avec pas mal d'élan dans des copeaux. Quand je suis en place, je lui dis "vas-y" et elle passe ses coudes devant elle en appui sur les rebords du toboggan et appuie vers l'arrière pour faire glisser ses fesses et enclencher la chute. Toute cette manip: c'est du sport. Et ça me rappelle l'appartement d'un bon copain qui avait installé une rampe pour descendre d'un niveau.


Il y a sur le chemin entre le cabinet médical et ce fameux toboggan une photo d'un enfant allongé sur le ventre avec une paume sous le menton, une frimousse gaie et une jolie frange. Cette image fait la promotion du tri sélectif, et on dirait vraiment Aymeric. À chaque passage on s'esclaffe et elle signe le prénom de son petit frère. Elle arrive aussi à dire Aimeque, ou Mouique. Si cette photo du sosie de Mimic sur une poubelle disparaissait un jour du coin du magasin Migro de la gare de Fribourg, rien ne serait plus pareil !


Isaline fait des progrès dans la mémorisation des emplacement des pictogrammes de sa machine à phrase. Ce n'est pas encore fiable sur la précision tactile parce qu'il y a pas mal de pressions parasites compte tenu du fait qu'elle ne rassemble pas encore quatre doigts pliés inutiles au pointé, et qu'en plus elle préfère appuyer avec son majeur, mais elle a intégré "retour" quand elle fait une faute de frappe. Et elle glisse un léger "nan" quand elle se retrouve sur une page sans rapport avec ce qu'elle a en tête.


C'est salutaire de la confier à des thérapeutes qui la partiquent moins que nous parce qu'ils testent des directives somme toute assez simples qu'on oublie, en tant que parents, de suggérer, parce qu'on a l'habitude de tout faire pour elle par facilité. Quand la thérapeute lui a dit "enlève ton casque" et qu'Isaline a mis ses deux mains lentement sur les écouteurs, les a écartés et fait glisser vers le haut de sa tête, je me suis rendu compte qu'elle savait le faire - et que je l'aurais fait pour elle.


Le soir à Fribourg, pendant ce séjour père-fille, j'étais plongé dans un livre intitulé "Juste après Dieu il y a Papa" qui analyse la relation particulière entre Léopold et Wolfgang Mozart. Lecture qui invite à une analyse verticale. Le degré d'implication d'un père est une notion difficile à jauger soi-même quand on prend en compte le cas d'un enfant qui doit faire des progrès; tout autant exiger qu'aider peuvent devenir contre-productif.


Une question de dosage, Isaline chérie...














 
 
 

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